Quel bilan pour les Françaises ?

Lenny Par Lenny

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De la sixième place de Cédrine Kerbaol à l’éclosion de Célia Gery, les Françaises ont connu un Tour de France 2026 contrasté. Sans victoire d’étape, le clan tricolore repart néanmoins de Nice avec plusieurs motifs d’espoir.

Cédrine Kerbaol, la valeur sûre française

Elle n’a pas remporté d’étape, mais elle reste la meilleure Française de ce Tour de France Femmes 2026. Cédrine Kerbaol a pris la sixième place du classement général, à 6’41’’ de Demi Vollering, confirmant une nouvelle fois sa capacité à jouer les premiers rôles sur la Grande Boucle. La coureuse d’EF Education-Oatly a longtemps fait partie des prétendantes aux meilleures places. Son meilleur coup est intervenu lors de la cinquième étape, lorsqu’elle s’est glissée dans une échappée et a joué la victoire jusqu’au bout. Battue au sprint par Kim Le Court-Pienaar, elle a néanmoins signé l’une des meilleures performances françaises de cette édition. Cette sixième place constitue aussi une confirmation. Kerbaol décroche son troisième top 10 sur le Tour en quatre participations, après sa 12e place en 2023. À 25 ans, la Bretonne s’installe donc durablement parmi les références françaises du cyclisme féminin.

Célia Gery, la révélation du Tour

À seulement 20 ans, Célia Gery a probablement été l'une des Françaises les plus remarquées de cette édition. La championne de France n’a pas seulement joué sa carte personnelle, avec notamment une belle cinquième place à Tournon-sur-Rhône. Elle a surtout joué un rôle majeur dans le succès de Demi Vollering. Chez FDJ United-Suez, Géry s’est transformée en véritable équipière de luxe. Elle a accompagné la Néerlandaise dans les moments importants, notamment dans la côte finale de Lausanne, sur les pentes du Ventoux et dans les derniers kilomètres vers Nice. Son Tour a toutefois été marqué par une polémique dans le final de la course. Kasia Niewiadoma lui a reproché de l’avoir gênée au pied de la dernière ascension. Une controverse qui a pris une ampleur importante sur les réseaux sociaux et qui a conduit l’équipe de Géry à dénoncer les menaces reçues par la jeune Française. Sportivement, cette édition reste néanmoins extrêmement prometteuse pour la championne de France. Son niveau et son activité au service de Vollering montrent qu’elle possède déjà les qualités pour peser sur les plus grandes courses.

Maeva Squiban, des ambitions contrariées

Maeva Squiban arrivait sur ce Tour avec un statut particulier. Après avoir remporté deux étapes en 2025, la Française de UAE Team L’IMAD n’a cette fois pas pu jouer le même rôle. Son Tour a notamment été perturbé par son statut d’équipière. Elle a pourtant tenté de saisir les opportunités, notamment dans les étapes montagneuses et autour de Nice. La Française a finalement connu une fin de Tour difficile. Une chute a mis un terme à ses ambitions alors qu’elle pouvait encore espérer se mettre en évidence dans les dernières étapes. Son bilan reste donc frustrant, mais Squiban conserve un statut de coureuse capable de gagner sur la Grande Boucle. Ses deux victoires obtenues en 2025 avaient déjà démontré son potentiel.

Pauline Ferrand-Prévôt, la grande déception

Un an après son sacre, Pauline Ferrand-Prévôt n’a pas réussi à défendre son titre. La championne française a rapidement perdu du terrain sur les principales favorites. Son retard s’est notamment creusé lors des étapes les plus difficiles et sur les pentes du mont Ventoux, où elle n’a jamais été en mesure de suivre les meilleures. Avant son abandon, Ferrand-Prévôt occupait la 14e place du classement général, à plus de quatorze minutes de la tête. Un résultat très éloigné de ses ambitions après sa victoire en 2025. La Française a finalement été contrainte de quitter le Tour avant la huitième étape, malade au matin du départ entre Sisteron et Nice. « Je ne suis pas au niveau, tout simplement », avait-elle reconnu après l’étape du Ventoux. Ce Tour 2026 constitue donc une véritable déception pour la championne olympique de VTT, qui devra désormais comprendre les raisons de cette baisse de niveau avant de se tourner vers la suite de sa carrière.

Marion Bunel n’a pas pu jouer sa carte

Autre Française attendue, Marion Bunel n’a pas non plus réussi à peser sur le classement général. Après sa troisième place sur la Vuelta en mai, la jeune coureuse de 21 ans pouvait nourrir des ambitions pour sa première participation au Tour de France Femmes. Elle termine finalement 35e du classement général, à plus d’une heure de Vollering. Sa 11e place au sommet du Ventoux constitue néanmoins un signal encourageant dans une course où elle a surtout dû apprendre et accumuler de l’expérience.

Océane Mahe, le maillot à pois comme éclaircie

Le clan français aura tout de même connu un passage marquant en début de Tour grâce à Océane Mahe. La coureuse de Ma Petite Entreprise a créé la surprise en s’emparant du maillot à pois de meilleure grimpeuse après la première étape à Lausanne. Elle a ainsi offert aux Françaises leur premier maillot distinctif de cette édition. Même si elle n’a pas pu conserver longtemps cette tunique, cette performance restera comme l’un des moments forts du début de Tour pour le cyclisme français.

Juliette Berthet, une équipière précieuse

Dans l’ombre de Demi Vollering, Juliette Berthet a elle aussi réalisé un Tour important. La Française de FDJ United-Suez a assumé un rôle d’équipière auprès de la future vainqueure et a été récompensée en étant désignée meilleure équipière du Tour. Cette distinction illustre une réalité importante du cyclisme moderne : toutes les performances ne se mesurent pas au classement général ou au nombre de victoires. Le travail de Berthet a contribué au succès historique de Vollering et de FDJ United-Suez.

Pas de victoire d’étape pour les Françaises

C’est le principal regret du clan tricolore. Aucune Française n’a remporté d’étape sur le Tour de France Femmes 2026, une première depuis 2023. Cédrine Kerbaol est passée tout près lors de la cinquième étape, tandis que plusieurs Françaises ont régulièrement tenté de prendre les échappées. Mais face à la densité du plateau, elles n’ont jamais réussi à conclure. Le constat est d’autant plus frappant que les Françaises avaient remporté plusieurs étapes lors des éditions précédentes, notamment grâce à Pauline Ferrand-Prévôt et Maeva Squiban. Le Tour 2026 rappelle donc que le cyclisme féminin français dispose de plusieurs coureuses capables de briller, mais qu’il lui manque encore cette capacité à transformer les opportunités en victoires face à une concurrence internationale de plus en plus relevée.

FDJ United-Suez, le succès collectif qui change le bilan

Impossible toutefois de parler du bilan français sans évoquer FDJ United-Suez. Avec Demi Vollering, la formation française a remporté pour la première fois le Tour de France Femmes depuis la réintroduction de l'épreuve en 2022. Une victoire historique pour le cyclisme tricolore. Le succès n’est pas uniquement celui de Vollering. Célia Gery, Juliette Berthet et l’ensemble de l’équipe ont joué un rôle déterminant dans cette conquête du maillot jaune. Pour le cyclisme français, cette victoire constitue un symbole fort. Même sans succès d’étape tricolore, une équipe française a dominé le classement général avec une stratégie collective particulièrement efficace.

Un bilan contrasté, mais porteur d’espoir

Le bilan des Françaises sur le Tour de France Femmes 2026 est donc difficile à résumer en un seul mot. Cédrine Kerbaol a confirmé son statut avec une sixième place, Célia Gery a impressionné par son niveau et son rôle auprès de Vollering, Océane Mahe a porté le maillot à pois et Juliette Berthet a été récompensée pour son travail d’équipière. À l’inverse, Pauline Ferrand-Prévôt a vécu un Tour très difficile, Maeva Squiban a été freinée par une chute et aucune Française n’a réussi à lever les bras. Le résultat sportif reste donc en demi-teinte sur le plan individuel. Mais avec Kerbaol désormais installée parmi les meilleures, Géry qui s’affirme à seulement 20 ans et une formation FDJ United-Suez capable de remporter le Tour, le cyclisme féminin français dispose de solides raisons de croire en l’avenir.

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