Julian Alaphilippe prêt pour le combat du Tour de France

Nico Par Nico

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Après un début de saison marqué par des résultats en demi-teinte et un passage plus délicat sur le plan mental, Julian Alaphilippe s’apprête à retrouver le Tour de France (4-26 juillet), la course qui a façonné sa carrière. À 34 ans, le double champion du monde espère que la Grande Boucle, son terrain de jeu favori, lui permettra de relancer une année 2026 jusque-là contrastée.

Une préparation perturbée mais un Tour jamais remis en cause

Le coureur de l’équipe Tudor avait quitté prématurément le Tour de Suisse, victime d’une migraine persistante aggravée par des conditions de chaleur extrême. Une décision prudente, prise en accord avec son entourage, afin de ne pas compromettre la suite de sa saison.

Si certaines inquiétudes ont émergé quant à sa participation au Tour de France, notamment en raison de performances irrégulières depuis le début de l’année, ses dirigeants se voulaient rassurants. Pour Alaphilippe, la question n’a jamais réellement fait débat.

« C’était dans les plans depuis l’intersaison. C’est vrai que c’est la première année où j’aborde le Tour après un début de saison si faible, mais il ne faut pas dramatiser », explique-t-il. Le Français insiste sur la continuité de son objectif : être prêt pour juillet, quoi qu’il arrive.

Une saison 2026 en dents de scie

Le début d’année du double champion du monde a été marqué par une irrégularité persistante. Si une cinquième place au Grand Prix de Gippingen a offert une éclaircie, ses résultats sur les grandes classiques et courses par étapes sont restés en retrait.

Présent sans briller sur Tirreno-Adriatico (33e) et Milan-San Remo (41e), il a également connu deux abandons à l’Amstel Gold Race et à la Flèche Wallonne. Une série de performances qui traduit un manque de constance, mais surtout un malaise plus profond.

Un passage à vide mental assumé

Au-delà des résultats, Julian Alaphilippe reconnaît avoir traversé une période difficile sur le plan personnel.

« Ce n’était pas physique ou lié à un problème médical. C’est juste que cela n’allait pas », confie-t-il avec franchise. Le Français évoque un état général fragile, indépendant de ses performances sportives.

Dans ce contexte, son équipe a choisi de lui laisser du temps, en le retirant notamment du Tour de Suisse et des Championnats de France. Une décision qui lui a permis de souffler et de se recentrer sur l’objectif principal de sa saison : le Tour de France.

Le Tour comme moteur de reconstruction

Malgré cette période compliquée, le coureur de Tudor aborde la Grande Boucle avec un regain d’énergie. Pour lui, le Tour reste un repère, un rendez-vous à part dans le calendrier, capable de raviver une motivation parfois mise à mal ces derniers mois.

Capitaine de route au sein de son équipe, il disposera d’une certaine liberté pour aller chercher des victoires d’étape, notamment en compagnie de Marc Hirschi, lui aussi en quête de renouveau.

Dès la deuxième étape entre Tarragone et Barcelone, Alaphilippe pourrait avoir une première opportunité, même s’il reste prudent sur son niveau de forme.

« Elle me plaît sur le papier, mais vu mes dernières semaines, peut-être que cela n’ira pas tout de suite bien. Je compte sur ma fraîcheur pour monter en puissance », précise-t-il.

Un Tour abordé comme une parenthèse unique

À 34 ans et en fin de contrat avec Tudor à l’horizon 2027, Julian Alaphilippe ne parle pas de dernière danse, mais reconnaît aborder chaque Tour avec une intensité particulière.

« Je l’aborde comme si c’était mon dernier Tour, comme je l’ai toujours fait. Ça donne une motivation supplémentaire », explique-t-il. Le Français insiste sur l’importance de vivre pleinement l’instant, sans se projeter au-delà de la course.

Avec six victoires d’étapes sur le Tour de France et dix-huit jours en maillot jaune à son palmarès, il conserve une relation particulière avec cette épreuve, même si la concurrence actuelle réduit ses marges de manœuvre.

Retrouver le goût de l’effort et du spectacle

Conscient que le cyclisme a évolué et que les jeunes générations imposent un rythme toujours plus élevé, Alaphilippe préfère se concentrer sur ses sensations.

« Je suis prêt à souffrir, j’ai hâte d’être au départ », affirme-t-il, convaincu que le Tour reste un espace unique dans le calendrier sportif.

Dans un peloton dominé par des profils plus puissants et plus réguliers, le Français veut retrouver ce qui a fait sa force : l’instinct, l’audace et le goût du spectacle.

Une dernière chance de rallumer la flamme

Sans certitude sur la suite, mais avec une détermination intacte, Julian Alaphilippe s’avance vers ce Tour de France comme vers une renaissance possible. Dans un été qu’il affectionne particulièrement, il espère transformer ses doutes récents en énergie nouvelle.

Pour celui qui a longtemps incarné l’insouciance et l’attaque, la Grande Boucle pourrait bien être l’occasion de retrouver un souffle perdu. Et peut-être, de rappeler pourquoi il a marqué son époque.

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