Evenepoel domine, les Français frustrés

Lenny Par Lenny

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Remco Evenepoel a remporté le Grand Prix de Québec 2026 au terme d’un final disputé. Le Belge s’est imposé devant Giulio Ciccone et Anthon Charmig, tandis que les Français ont vécu une course contrastée.

Remco Evenepoel frappe fort à Québec

À deux semaines des championnats du monde, Remco Evenepoel a envoyé un sérieux avertissement à la concurrence. Le Belge de Red Bull-BORA-hansgrohe a remporté ce vendredi le Grand Prix de Québec, au terme des 206 kilomètres d’une course particulièrement exigeante. Sur un parcours marqué par vingt ascensions de la Côte de la Montagne, les favoris ont progressivement fait exploser le peloton. Evenepoel a attendu le bon moment avant d'accélérer à une trentaine de kilomètres de l’arrivée. Il a alors rejoint Giulio Ciccone, Anthon Charmig, Alberto Bettiol et Alessandro Pinarello. Le Belge a ensuite fait la différence avant de régler Ciccone au sprint. Il décroche ainsi la 78e victoire de sa carrière.

Paul Seixas offensif pour son retour

Très attendu pour son retour à la compétition, Paul Seixas n’a pas manqué d’ambition. Sept semaines après sa quatrième place sur le Tour de France, le Français de Decathlon CMA CGM retrouvait le peloton avec l’objectif de se jauger face aux favoris des prochains Mondiaux. Avant la course, le jeune Français avait d’ailleurs affiché sa confiance : « Je me sens prêt, mais le meilleur test ce sera la course. Ce ne sera pas facile car il y a vraiment beaucoup d’adversité. C’est bien de pouvoir me jauger par rapport à eux. Ce sera un bon test pour valider la préparation. » Le test a rapidement tourné à la confrontation avec Evenepoel. Seixas a attaqué dans la Côte de la Montagne à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée et a momentanément distancé le Belge. Evenepoel est toutefois revenu sur le plat avant de placer son accélération décisive. Derrière, Seixas a tenté de relancer la poursuite, mais l’écart avec le groupe de tête n’a jamais suffisamment diminué. Malgré plusieurs efforts, le Français n’a pas réussi à revenir sur Evenepoel, Ciccone et Charmig et a finalement terminé au-delà du top 20. Pour son retour, le résultat reste donc décevant sur le plan comptable, mais son attitude offensive constitue un signal intéressant avant le Grand Prix de Montréal et les championnats du monde.

Paul Lapeira, premier Français mais frustré

Paul Lapeira a finalement obtenu le meilleur résultat français à Québec avec une septième place. Pourtant, le coureur de Decathlon CMA CGM quitte la course avec de nombreux regrets. L’ancien champion de France s’est retrouvé piégé dans une cassure lorsque les principaux favoris ont accéléré. « C’était chaotique. Je me suis fait piéger quand il y a eu la cassure avec 30 gars devant. J’ai fait une grosse erreur, j’étais trop loin, ça a cassé devant moi », a reconnu Lapeira. Avec Alex Baudin, son coéquipier et ami, il a alors tenté de limiter les dégâts. Les deux Français ont roulé ensemble pendant trois tours pour revenir sur le groupe qui allait se disputer les places d’honneur. « Je suis ressorti d’un groupe de mecs qui étaient distancés, avec Alex Baudin, qui est un de mes meilleurs potes », a raconté Lapeira. Les deux hommes ont ensuite tout donné pour recoller : « On a roulé pendant trois tours à deux, en se demandant un peu ce qu’on faisait par moments. On a réussi à rentrer sur le groupe qui s’est joué plus ou moins une 10e place dans le dernier tour. »

« Avec des jambes comme j’avais, je ne peux pas courir comme j’ai couru »

Revenu dans la bataille, Lapeira a finalement terminé septième après être ressorti à contretemps dans le final. Une place honorable, mais loin de satisfaire le Français, qui estimait avoir les moyens de jouer beaucoup mieux. « Je me suis dit, un peu dépité : “Allez, on fait à fond jusqu’à la ligne et puis on verra” », a-t-il expliqué. Son sentiment après l’arrivée était sans ambiguïté : « Mais je suis juste frustré parce qu’avec des jambes comme j’avais, je ne peux pas courir comme j’ai couru. » Cette frustration pourrait rapidement être transformée en motivation à Montréal. Le profil du Grand Prix de Montréal, plus difficile, devrait davantage convenir à Paul Seixas selon Lapeira. « Dimanche, c’est quand même plus dur. Je pense que je peux être bien, mais ça correspondra vraiment plus à Paul (Seixas). Aujourd’hui, j’avais ma chance, mais normalement dimanche, ce sera quand même plus autour de lui », a estimé le coureur de Decathlon CMA CGM.

Les Français déjà tournés vers Montréal

Le Grand Prix de Québec laisse donc un goût mitigé dans le camp français. Paul Seixas s’est montré offensif pour son retour après le Tour de France, tandis que Paul Lapeira a pris la septième place malgré une course longtemps compliquée. Pour les deux coureurs de Decathlon CMA CGM, l’occasion de rebondir arrivera dès dimanche au Grand Prix de Montréal. Un rendez-vous particulièrement important avant les championnats du monde, qui se dérouleront également à Montréal. Evenepoel, lui, arrive avec une confiance renforcée par cette victoire québécoise. Les Français devront désormais tenter de transformer les regrets de Québec en armes pour la suite.

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