Mondiaux de Montréal 2026 : les ambitions françaises

Lenny Par Lenny

Publié le

Les Championnats du monde de cyclisme sur route 2026 se dérouleront à Montréal, au Canada, du 20 au 27 septembre. Pour l’équipe de France, cette édition sera notamment placée sous le signe de Paul Seixas chez les hommes et Célia Gery chez les femmes. Sur un parcours exigeant et particulièrement tactique, les Bleus auront plusieurs occasions de se mêler à la lutte pour les premières places.

Les Mondiaux 2026 arrivent à Montréal

Montréal accueille les Championnats du monde sur route pour la deuxième fois de son histoire, après l'édition de 1974. Le Canada avait également organisé les Mondiaux à Hamilton en 2003. Cinquante ans après les Jeux olympiques de Montréal, la métropole québécoise s'apprête donc à recevoir une nouvelle grande compétition internationale de cyclisme. Le programme des épreuves débutera le dimanche 20 septembre avec les contre-la-montre individuels. Les femmes s'élanceront à 15 heures, avant les hommes à 18 h 45. Les deux courses se disputeront sur 39,2 kilomètres. Le mardi 22 septembre sera consacré au relais mixte, avant les courses en ligne du week-end. Les femmes disputeront leur Mondial le samedi 26 septembre à partir de 15 heures, sur 180,4 kilomètres et 2 570 mètres de dénivelé positif. Chez les hommes, le grand rendez-vous est fixé au dimanche 27 septembre. Le départ sera donné à 15 heures pour une course de 273,7 kilomètres et environ 3 800 mètres de dénivelé positif.

Un parcours exigeant et tactique

La course masculine comprendra une première partie de plus de 100 kilomètres avant l'entrée sur le circuit urbain de Montréal. Les coureurs retrouveront alors un tracé déjà bien connu grâce au Grand Prix cycliste de Montréal. Le circuit final sera parcouru à douze reprises. La principale difficulté sera la montée Camillien-Houde, sur le mont Royal, longue d'environ 1,9 kilomètre à 7,3 %. La côte de Polytechnique et la côte de Pagnuelo viendront également peser dans les jambes avant un final remanié. L'arrivée sera précédée de plusieurs virages et d'un faux plat montant. Ce nouveau dessin pourrait avoir son importance dans l'hypothèse d'une arrivée groupée ou d'un sprint entre quelques rescapés. Avec près de 274 kilomètres de course, la sélection ne devrait donc pas uniquement se faire dans les ascensions. L'usure, le placement et la capacité des grandes nations à contrôler la course seront également déterminants.

Paul Seixas, le leader chez les hommes

Chez les Bleus, tous les regards seront tournés vers Paul Seixas. À 19 ans, le coureur de Decathlon-CMA CGM possède déjà une expérience impressionnante du plus haut niveau. Quatrième du Tour de France 2026 et deuxième du classement des jeunes, Seixas a confirmé ses qualités de grimpeur-puncheur. Sa troisième place au Markstein, lors de la 14e étape du Tour, a notamment illustré sa capacité à performer sur des ascensions exigeantes. Le parcours de Montréal semble correspondre à ses qualités. La répétition du mont Royal pourrait permettre au Français de faire jouer ses qualités de grimpeur et de puissance dans les pourcentages les plus difficiles. La France devra toutefois construire sa course autour de lui sans l'isoler trop tôt. Sur douze tours, la gestion des équipiers et le moment choisi pour accélérer seront essentiels.

Les huit Français autour de Paul Seixas

Pour accompagner son leader dans la course en ligne, Thomas Voeckler pourra compter sur Pavel Sivakov, Bruno Armirail, Jordan Labrosse, Valentin Paret-Peintre, Jordan Jegat, Nicolas Prodhomme et Alex Baudin. Cette sélection offre plusieurs profils capables d'intervenir à différents moments de la course. Les grimpeurs pourront protéger Seixas dans les ascensions, tandis que les coureurs plus polyvalents pourront jouer un rôle dans les phases de transition ou d'anticipation. Bruno Armirail aura également une double mission puisqu'il disputera le contre-la-montre individuel avec Seixas. Son expérience des longues distances chronométrées constitue un atout supplémentaire pour l'équipe de France. L'objectif sera surtout de conserver un maximum de forces françaises jusqu'aux derniers tours afin de permettre à Seixas d'aborder les principales attaques avec le soutien de ses équipiers.

Célia Gery, l'autre grande chance tricolore

Chez les femmes, la France sera emmenée par Célia Gery. À seulement 20 ans, la coureuse de FDJ United-Suez s'est déjà installée parmi les références de la nouvelle génération française. Championne de France sur route à La Tour-du-Pin en juin, elle possède également le titre national de cyclo-cross. Sa découverte du Tour de France Femmes en 2026 lui a également permis de poursuivre son apprentissage du très haut niveau. Son profil de puncheuse semble particulièrement intéressant à Montréal. Avec huit tours du circuit final, les difficultés seront suffisamment répétées pour provoquer une sélection importante. Géry pourra notamment compter sur sa capacité à accélérer dans les bosses et sur sa pointe de vitesse si un groupe réduit se présente dans les derniers kilomètres.

Une équipe de France féminine expérimentée

Autour de Célia Gery, la France alignera Juliette Berthet, Léa Curinier, Marie Le Net, Evita Muzic, Cédrine Kerbaol et Maeva Squiban. Le collectif dispose de plusieurs coureuses capables de jouer un rôle différent selon le scénario. Evita Muzic possède notamment une solide expérience des grandes courses internationales, tandis que Kerbaol et Squiban peuvent représenter des cartes offensives dans une course très disputée. Juliette Berthet et Cédrine Kerbaol seront également engagées dans le contre-la-montre individuel du dimanche 20 septembre. La stratégie française pourra donc s'appuyer sur plusieurs options. L'objectif sera de conserver Géry dans les meilleures conditions possibles tout en profitant des qualités offensives des autres Françaises pour éviter de subir les attaques des nations concurrentes.

Le contre-la-montre, première occasion pour se montrer

Le Mondial débutera donc avec le contre-la-montre individuel. Chez les hommes, Paul Seixas et Bruno Armirail seront engagés sur les 39,2 kilomètres du parcours. Le tracé est relativement peu vallonné, mais comporte de nombreuses relances. Il faudra donc conjuguer puissance, position aérodynamique et capacité à maintenir un effort élevé pendant toute la durée de l'épreuve. Pour Seixas, cette course constituera une première occasion de mesurer ses progrès face aux meilleurs spécialistes mondiaux. Armirail, de son côté, possède l'expérience nécessaire pour tirer parti d'un parcours long et exigeant. Chez les femmes, Juliette Berthet et Cédrine Kerbaol représenteront également la France dans l'exercice individuel.

Quelles ambitions pour la délégation française ?

La France dispose donc de deux chances principales pour les courses en ligne. Paul Seixas apparaît comme le leader naturel chez les hommes, tandis que Célia Gery sera la principale référence tricolore chez les femmes. Pour Seixas, le parcours offre un terrain adapté à ses qualités, mais la distance et la dimension tactique pourraient jouer un rôle déterminant. Une course très animée dès les derniers tours pourrait favoriser les coureurs capables de multiplier les accélérations, tandis qu'un peloton encore conséquent à l'approche de l'arrivée ouvrirait d'autres scénarios. Chez les femmes, Géry pourra s'appuyer sur un collectif capable de l'accompagner dans les différents scénarios de course. La répétition des difficultés devrait néanmoins progressivement réduire le nombre de prétendantes au titre. La France cherchera donc à jouer les premiers rôles sans forcément devoir contrôler la course de bout en bout. L'enjeu sera de conserver ses forces jusqu'au moment où les véritables écarts pourront se créer.

Les favoris à surveiller

Face aux Français, la concurrence internationale sera particulièrement relevée. La Belgique disposera notamment d'un duo redoutable avec Remco Evenepoel et Wout van Aert. Evenepoel possède de nombreux arguments sur le parcours montréalais, notamment sa capacité à attaquer dans les ascensions courtes et à prolonger son effort sur les portions roulantes. Van Aert offre une autre solution grâce à sa polyvalence et sa vitesse dans un éventuel groupe réduit. Isaac Del Toro sera également très attendu. Le Mexicain possède les qualités nécessaires pour encaisser les nombreuses difficultés du circuit et pourrait jouer sa carte dans le final. Mathieu van der Poel et Tom Pidcock disposent eux aussi de profils particulièrement adaptés aux successions de bosses et aux accélérations. Ben Healy et Quinn Simmons pourraient quant à eux privilégier des offensives plus lointaines dans les portions de transition. L'Espagne, la Grande-Bretagne, le Danemark et les États-Unis auront également des arguments collectifs pour tenter de déjouer les plans français et belges. Sans Tadej Pogačar, qui ne défendra pas son titre mondial, le maillot arc-en-ciel changera donc de propriétaire. À Montréal, la course devrait être ouverte et la dimension tactique pourrait prendre une importance considérable dans les 100 derniers kilomètres. Le rendez-vous est fixé au dimanche 27 septembre pour la course masculine, avec Paul Seixas au cœur des ambitions françaises, tandis que Célia Gery tentera de jouer les premiers rôles chez les femmes le samedi précédent.

Continuer

Sportifs en rapport

Article qui peuvent vous intéresser