Les chances françaises
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Les Championnats d’Europe de cyclisme sur route prennent leurs quartiers en Slovénie, entre Ljubljana et Šenčur. Course en ligne, contre-la-montre individuel et relais mixte : les Français auront plusieurs occasions de jouer les médailles sur un parcours exigeant, où les profils complets devraient être à l’honneur.
Le parcours des Championnats d’Europe 2026
Pour les épreuves en ligne Élite, le parcours s’annonce particulièrement intéressant. Sans être un véritable tracé de montagne, il devrait mettre à rude épreuve les organismes et favoriser les coureurs capables de répéter les efforts. Chez les hommes, les 196,3 kilomètres totaliseront environ 2 570 mètres de dénivelé positif. Après une première partie relativement roulante, la course se concentrera autour de Šenčur, où les coureurs devront effectuer à cinq reprises une boucle de 22,1 kilomètres. La principale difficulté sera la montée de Možjanca, longue de 2,1 kilomètres à 10,2 % de moyenne, avec des passages qui approchent les 16 %. Une ascension courte mais particulièrement exigeante, qui devrait progressivement étirer le peloton à mesure que les tours s'enchaîneront. Après le sommet, le parcours restera accidenté avant une descente rapide et technique puis une portion plus roulante ramenant les coureurs vers Šenčur. Le scénario pourrait donc être particulièrement ouvert, entre attaques dans la dernière ascension, sélection progressive et éventuelle arrivée d'un groupe réduit. Chez les femmes, le même circuit sera emprunté à deux reprises. La course en ligne Élite sera longue de 130 kilomètres, avec un peu plus de 1 350 mètres de dénivelé positif. Une distance plus courte qui pourrait favoriser une course plus nerveuse, mais les deux passages dans Možjanca devraient malgré tout jouer un rôle important dans la sélection finale.
Les Français peuvent jouer les médailles dans la course en ligne
Sur ce terrain susceptible de sourire aux coureurs complets, les équipes de France disposent de plusieurs cartes. Chez les hommes, Romain Gregoire sera notamment attendu sur un parcours correspondant à ses qualités de puncheur. Le coureur de la Groupama-FDJ arrive en Slovénie avec une dynamique intéressante, après avoir terminé troisième de la Coppa Sabatini puis deuxième du Grand Prix de Wallonie. Sa capacité à encaisser les répétitions de Možjanca puis à faire la différence dans un groupe réduit constitue l'un des principaux atouts français. Kévin Vauquelin représente une autre possibilité pour le collectif tricolore. Plus à l'aise lorsque la course se durcit progressivement, le Français possède également les qualités nécessaires pour accompagner une attaque ou tenter sa chance dans les derniers tours. Sa polyvalence pourrait être précieuse dans une course où le scénario restera difficile à prévoir jusqu'aux derniers kilomètres. Léo Bisiaux sera également à surveiller. À seulement 21 ans, le Français a franchi un nouveau cap cette saison, notamment sur le Tour d'Espagne, conclu à la douzième place du classement général et à la troisième place du classement des jeunes. La répétition des ascensions pourrait lui permettre de s'exprimer si la course devient particulièrement sélective. Avec Pavel Sivakov et les autres membres du groupe tricolore, la France dispose ainsi de plusieurs profils capables d'intégrer un groupe de tête. Une médaille passera toutefois par une course collective maîtrisée face aux grandes nations européennes.
Juliette Berthet et Cédrine Kerbaol parmi les atouts bleus
Chez les femmes, la France pourra également compter sur plusieurs coureuses capables de jouer les premiers rôles. Juliette Berthet arrive avec une référence particulièrement intéressante : sa cinquième place lors de la course en ligne des Championnats du monde de Montréal. Cette performance démontre sa capacité à rester au contact des meilleures dans une course internationale très sélective. Le parcours slovène pourrait lui convenir, notamment si les répétitions de Možjanca provoquent une sélection importante. Sa capacité à accompagner les meilleures puis à jouer sa carte dans un groupe réduit pourrait permettre aux Bleues de viser une nouvelle place d'honneur. Cédrine Kerbaol sera également l'une des Françaises à suivre. Deuxième du Tour de Suisse et sixième du Tour de France cette saison, elle possède le profil d'une coureuse capable de supporter les longues distances tout en restant compétitive lorsque la course se durcit. Maeva Squiban pourra de son côté représenter une carte plus offensive. Son profil de coureuse complète et ses résultats obtenus cette saison lui permettent d'envisager différents scénarios. La Française pourra notamment être utilisée pour anticiper les mouvements des principales nations et éviter que la France ne se retrouve uniquement dans une position défensive.
Le contre-la-montre individuel, une autre possibilité de médaille
Les Championnats d'Europe ne se résumeront pas aux courses en ligne. Le contre-la-montre individuel Élite offrira une nouvelle opportunité aux Français et aux Françaises de décrocher une médaille. L'épreuve se disputera le mercredi 7 octobre sur 22,1 kilomètres. Chez les hommes comme chez les femmes, la France alignera deux représentants. Chez les hommes, Bruno Armirail et Maxime Decomble porteront les couleurs tricolores. Pour Armirail, le contre-la-montre constituera une nouvelle occasion de retrouver son meilleur niveau dans un exercice qu'il connaît parfaitement. Habitué des grands rendez-vous internationaux, le Français pourra s'appuyer sur son expérience pour tenter de se rapprocher des meilleures places. Maxime Decomble aura de son côté l'occasion de se mesurer à l'élite européenne sur un format relativement court. Sur un parcours où la capacité à maintenir un effort très élevé sera déterminante, chaque seconde pourra compter dans la lutte pour les places d'honneur. Chez les femmes, Juliette Berthet et Cédrine Kerbaol seront également engagées dans le contre-la-montre. Leur présence dans les deux épreuves individuelles constitue un atout pour la sélection française. Kerbaol possède notamment des références solides dans l'exercice, tandis que Berthet pourra profiter de sa forme affichée lors des Mondiaux de Montréal. Sur seulement 22,1 kilomètres, les écarts pourraient être faibles et la moindre erreur se payer immédiatement.
Le relais mixte, une véritable chance de médaille
Le relais mixte par équipes Élite constituera également un rendez-vous important pour les Français. L'épreuve est programmée le mardi 6 octobre et offrira une nouvelle possibilité de médaille aux nations capables de réunir leurs meilleurs rouleurs autour d'un collectif homogène. Le principe du relais mixte impose une stratégie différente de celle des épreuves individuelles. La performance dépend autant du niveau de chaque coureur que de la capacité à construire une équipe complémentaire et à limiter les écarts entre les différents relais. La France pourra notamment compter sur Maeva Squiban, qui remplace Marion Borras par rapport au groupe présent aux Mondiaux. Son profil constitue une option intéressante pour renforcer le collectif français. Squiban possède des références dans le contre-la-montre avec notamment une deuxième place au Championnat de France de la spécialité en juin. Sa quatrième place dans la course en ligne nationale et sa deuxième place au classement général de la Setmana Ciclista Valenciana témoignent également de sa polyvalence. Pour la France, le relais mixte représente donc une troisième possibilité concrète de se mêler à la lutte pour le podium après la course en ligne et les contre-la-montre individuels.
Trois épreuves, plusieurs possibilités de médailles
Ces Championnats d'Europe 2026 offrent donc plusieurs occasions aux équipes de France de monter sur le podium. La course en ligne masculine sera probablement l'épreuve la plus difficile à anticiper. Romain Gregoire, Kévin Vauquelin et Léo Bisiaux disposent de profils différents mais complémentaires pour répondre aux multiples scénarios que pourrait produire la répétition de Možjanca. Chez les femmes, la France pourra notamment s'appuyer sur Juliette Berthet, Cédrine Kerbaol et Maeva Squiban. La cinquième place de Berthet aux Mondiaux de Montréal apporte une référence récente particulièrement intéressante avant le rendez-vous slovène. Le contre-la-montre individuel permettra ensuite aux spécialistes français de se mesurer directement aux meilleurs spécialistes européens sur 22,1 kilomètres. Enfin, le relais mixte offrira une dernière possibilité de médaille avec une épreuve où la cohésion et la complémentarité du collectif seront essentielles. Entre les courses en ligne, les contre-la-montre individuels et le relais mixte, la France disposera ainsi de plusieurs cartes à jouer pendant cette semaine européenne. Reste désormais à savoir lesquelles seront les plus efficaces sur les routes slovènes.
Par Lenny





