Demi Vollering intouchable, les Françaises sans médaille
Publié le
emi Vollering a confirmé son incroyable domination en 2026 en conservant son titre de championne d’Europe, ce samedi 3 octobre en Slovénie. Derrière la Néerlandaise, Juliette Berthet a pris la 7e place, première Française d’une équipe de France qui échoue une nouvelle fois aux portes du podium.
Demi Vollering continue de régner sur le cyclisme féminin
Il semble désormais difficile de trouver une adversaire capable de faire vaciller Demi Vollering. Une semaine seulement après son sacre mondial, la Néerlandaise a ajouté un nouveau titre majeur à son palmarès en remportant les championnats d’Europe de cyclisme, à l’issue des 130 kilomètres entre Ljubljana et Šenčur. La championne du monde a attendu le dernier passage de l’ascension de Možjanca pour passer à l’offensive. À environ 14 kilomètres de l’arrivée, son accélération a fait exploser le groupe de tête. Vollering a ensuite parfaitement maîtrisé son effort dans la descente pour creuser l’écart et aborder les derniers kilomètres seule. Au final, Demi Vollering s’impose devant sa compatriote Puck Pieterse, tandis que la Suissesse Marlen Reusser complète le podium. Le doublé néerlandais illustre également la maîtrise collective des Pays-Bas, qui ont parfaitement accompagné leur leader dans les moments décisifs. Pour les Françaises, la mission était d'autant plus compliquée que le niveau était particulièrement relevé. Avant le départ, Cédrine Kerbaol avait identifié la clé pour tenter de rivaliser avec la championne du monde : le collectif. « Forcément le mot collectif sera plus que primordial aujourd’hui pour espérer briller sur ces championnats », expliquait-elle avant la course.
Juliette Berthet termine 7e, aux portes des médailles
Juliette Berthet était la principale carte française dans le final. La coureuse tricolore termine finalement à la 7e place, à 59 secondes de Demi Vollering, et devient la seule Française présente dans le top 10. Elle avait pourtant clairement affiché ses ambitions avant le départ. « Moi j’aimerais bien un podium, voire mieux, il ne faut rien se refuser », avait-elle lancé, consciente du défi qui l’attendait face aux meilleures coureuses européennes. Dans la dernière montée, Berthet est longtemps restée au contact des favorites. Mais lorsque Demi Vollering a accéléré, la Française n'a pas pu suivre. Une fois la Néerlandaise partie seule, le groupe des poursuivantes s'est rapidement structuré autour des places d'honneur. Berthet, elle, s'est retrouvée isolée à quelques dizaines de secondes. La Française a tenté jusqu'au bout de revenir. En vain. À l'arrivée, elle ne cachait pas sa frustration. « Je suis un peu déçue, le premier tour je me suis mis vraiment dans le rouge pour m’accrocher et dans le final je n’ai pas réussi à faire aussi bien », a reconnu Berthet au micro de L'Équipe. « J’ai tout donné, mais c’est dommage d’être la dernière à ne pas jouer la médaille. » Une déception logique pour la Française, qui avait la possibilité de décrocher le premier podium européen de l'histoire des Bleues dans cette épreuve.
Les Françaises lâchent dans les moments décisifs
Le problème pour l'équipe de France est aussi venu du manque de présence collective dans le final. Maeva Squiban a longtemps accompagné Juliette Berthet et a tenté de l'aider lorsque la course s'est durcie. Évita Muzic et Cédrine Kerbaol ont, elles, cédé dans la première grande sélection. Pourtant, plusieurs Françaises avaient réussi à revenir dans le groupe de tête après les premières difficultés. Dans le dernier tour, Évita Muzic et Émilie Morier avaient notamment rejoint Maeva Squiban et Juliette Berthet dans un groupe réduit à 21 coureuses. Mais les Néerlandaises ont ensuite imprimé un rythme très élevé. Lorsque la montée de Možjanca s'est présentée une dernière fois, le groupe a de nouveau explosé. Cédrine Kerbaol avait d'ailleurs parfaitement identifié cette difficulté avant la course. Le circuit présentait, selon elle, un avantage et un inconvénient pour les Bleues : « On peut le considérer de deux manières. [...] Avantage, oui, dans le sens où on a une équipe forte avec plusieurs filles qui peuvent se retrouver projetées sur le devant de la scène. » Mais la Française soulignait aussi que le parcours permettrait « de faire moins de coups de loin ». Le scénario de la course lui a finalement donné raison sur un point : la sélection s'est principalement faite dans les difficultés du circuit final, avant l'attaque décisive de Vollering.
Une chute qui change aussi la course
Le dernier tour a également été marqué par plusieurs chutes. Une première chute collective s'est produite dans un virage technique alors que le peloton abordait la partie finale du parcours. Plus tard, Kasia Niewiadoma, qui figurait parmi les principales candidates au podium, a elle aussi été piégée dans le dernier virage. Cette chute a pesé dans la lutte pour les médailles, alors que Niewiadoma se trouvait dans le groupe de cinq coureuses qui poursuivait Vollering. Côté français, Célia Le Mouël avait elle aussi été victime d'une chute plus tôt dans la course. La coureuse tricolore avait néanmoins réussi à repartir et à réintégrer le peloton. Le sélectionneur Paul Brousse expliquait alors au micro de L'Équipe qu'elle avait « pu repartir et travailler pour l’équipe ».
Les Bleues toujours sans podium européen
Cette septième place de Juliette Berthet prolonge une série qui commence à peser dans le bilan français. En dix éditions des championnats d'Europe de cyclisme féminin, aucune représentante de l'équipe de France n'avait encore réussi à monter sur le podium. L'édition 2026 n'a donc pas permis de mettre fin à cette attente. Juliette Berthet échoue à la 7e place, tandis que ses équipières n'ont pas réussi à rester suffisamment longtemps dans le groupe des prétendantes aux médailles. La Française préfère toutefois déjà se tourner vers la suite. « Je vais retravailler. Il faudrait que j’analyse, ça doit être du top niveau », confiait-elle après l'arrivée, tout en reconnaissant que la déception était encore très présente. Pour les Bleues, le championnat d'Europe 2026 laisse donc un goût d'inachevé. L'équipe avait affiché des ambitions de podium, mais elle a finalement dû se contenter d'une septième place, loin du trio de tête.
Par Lenny



