Les leaders au rendez-vous pour les bleues
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Trois matches, trois victoires et une impressionnante démonstration offensive : l'équipe de France a parfaitement négocié la phase de groupes de la Coupe du monde à Berlin. Qualifiées pour les quarts de finale, les vice-championnes olympiques ont affiché une adresse exceptionnelle et ont pu compter sur leurs cadres, à commencer par Gabby Williams et Marine Johannes. Mais à l'approche des matches couperets, Jean-Aimé Toupane sait que son équipe devra encore gagner en variété offensive.
Jusqu'ici, tout va bien pour les Bleues à Berlin. L'équipe de France a traversé le premier tour de la Coupe du monde sans véritablement trembler et peut désormais profiter de deux journées sans match avant de retrouver les parquets jeudi pour son quart de finale, face à la Chine ou Porto Rico.
Mardi, les baskets sont même restées à l'hôtel. Pas d'entraînement collectif au programme pour les joueuses de Jean-Aimé Toupane. Dans une compétition particulièrement dense, disputée sur seulement dix jours, le staff français a choisi de préserver les organismes : musculation le matin, quartier libre l'après-midi et séance vidéo en soirée.
Un peu de récupération bienvenue avant d'entrer dans une tout autre compétition. Car pour aller jusqu'au bout, les Françaises pourraient désormais devoir disputer trois matches couperets en seulement quatre jours.
Trois victoires et 42 points d'écart en moyenne
Difficile de faire mieux que le premier tour réalisé par la France.
Les Bleues ont commencé leur tournoi en écrasant la Hongrie (99-53), avant de dominer la Corée du Sud (95-69) puis de terminer leur phase de groupes par une véritable démonstration contre le Nigéria (111-56).
Trois matches et autant de succès, mais surtout des écarts considérables.
La France a inscrit 102 points en moyenne par rencontre et s'est imposée avec un différentiel moyen de 42,3 points. Aucune autre sélection n'a autant surclassé ses adversaires durant ce premier tour.
La relative faiblesse de l'opposition invite évidemment à la prudence. Mais pour une équipe qui ambitionne de décrocher sa première médaille mondiale depuis le bronze obtenu en 1953, difficile de ne pas tirer quelques enseignements positifs de cette entrée en matière.
Et le plus spectaculaire concerne incontestablement l'adresse.
Une adresse exceptionnelle derrière la ligne à 3 points
Les chiffres sont impressionnants.
Sur leurs trois premières rencontres, les Françaises ont affiché 48 % de réussite à 3 points et 67 % à 2 points, soit une adresse globale de 57 % dans le jeu.
Du jamais-vu depuis l'arrivée de Jean-Aimé Toupane à la tête de la sélection fin 2021.
La démonstration contre le Nigéria a même permis aux Bleues de s'offrir un record : avec 22 paniers à 3 points, elles ont établi une nouvelle référence sur une rencontre de Coupe du monde.
La confiance est totale et les Françaises n'hésitent pas à sanctionner dès qu'une position de tir se présente.
« On est nombreuses à aimer shooter, on a aussi cette chance de se faire confiance », expliquait Migna Touré après la victoire contre le Nigéria.
Une réussite qui tranche avec les précédentes grandes compétitions disputées par les Bleues. La France avait tourné à 44 % d'adresse lors de l'Euro 2025, 40 % aux Jeux Olympiques de Paris 2024, 46 % à l'Euro 2023 et 42 % lors de la Coupe du monde 2022.
Les 57 % affichés à Berlin constituent donc un bond spectaculaire.
Reste désormais à savoir si cette réussite pourra être maintenue face à des défenses d'un tout autre calibre.
Gabby Williams immédiatement au rendez-vous
L'autre grande satisfaction de ce début de compétition concerne les cadres.
Jean-Aimé Toupane a largement profité des écarts au score pour répartir les minutes et expérimenter différentes associations. Mais les leaders françaises n'ont pas eu besoin de beaucoup de temps sur le parquet pour prendre leurs responsabilités.
À commencer par Gabby Williams.
Nouvelle capitaine de l'équipe de France, l'ailière a immédiatement pris les commandes. À la veille de ses 30 ans, elle tourne à 18,7 points de moyenne, ce qui en fait la meilleure marqueuse des Bleues.
Un statut qu'elle connaît bien puisqu'elle avait déjà terminé meilleure marqueuse française aux Jeux Olympiques de Paris et lors de la Coupe du monde 2022.
Contre le Nigéria, Williams a même établi son nouveau record sous le maillot tricolore avec 25 points, 6 rebonds et 4 passes décisives en seulement 18 minutes.
Une performance qui résume parfaitement son premier tour : efficace, agressive et capable de donner immédiatement le ton à l'attaque française.
Incroyable performance des Bleues qui s'offrent un record mondial ! 👏#PassionnémentBleu | #FIBAWWC https://t.co/Po06itbQtW
— Fédération Française de BasketBall (@ffbasketball) September 7, 2026
Marine Johannes, l'arme fatale en sortie de banc
Et lorsque Gabby Williams quitte le parquet, les défenses adverses ne peuvent pas vraiment souffler.
Marine Johannes s'est parfaitement adaptée au rôle de détonateur qui lui est confié en sortie de banc.
La meneuse-arrière tourne à 17 points par rencontre, avec un impressionnant 52 % de réussite derrière la ligne à 3 points.
Sa capacité à créer un tir presque instantanément, pour elle-même ou pour ses partenaires, apporte une dimension supplémentaire à une équipe française qui dispose de nombreuses armes offensives.
Gabby Williams l'avait d'ailleurs résumé avec le sourire : « Quand Marine Johannes sort du banc, tu es bien. »
Mais au-delà du cas Johannes, c'est la profondeur de l'effectif qui satisfait particulièrement les Françaises. Toupane peut modifier ses rotations sans provoquer de chute majeure dans l'intensité ou la production offensive.
Un avantage qui pourrait devenir déterminant lorsque les matches vont s'enchaîner.
Malonga confirme, Ayayi toujours aussi précieuse
À seulement 20 ans, Dominique Malonga continue également d'impressionner.
La pivot affiche pour le moment 13,3 points et 6,7 rebonds de moyenne. Face à la Hongrie, elle avait notamment signé un double-double avec 17 points et 10 rebonds.
Son impact dans la raquette devrait devenir encore plus important à partir des quarts de finale, lorsque la France sera confrontée à des sélections disposant de davantage de taille et de puissance physique.
L'expérience de Valériane Ayayi reste elle aussi extrêmement précieuse. Sans forcément monopoliser le ballon, la Française apporte dans tous les secteurs avec 6,3 points, 4 rebonds et 3,3 passes décisives de moyenne.
Janelle Salaün, qui tourne à 10,3 points par match après avoir été la meilleure marqueuse des Bleues lors de l'Euro 2025, possède encore une marge pour monter en puissance.
Attention à ne pas devenir dépendantes du tir extérieur
Tout n'est pourtant pas parfait.
Et Jean-Aimé Toupane a lui-même identifié le principal axe de progression avant les quarts de finale : l'alternance offensive.
Les Bleues ont énormément utilisé le tir extérieur depuis le début de la compétition. Avec une réussite proche de 50 % derrière l'arc, difficile de leur reprocher ce choix.
Mais le sélectionneur sait parfaitement que cette adresse ne durera pas nécessairement tout le tournoi.
« À mes yeux, on prend beaucoup de tirs à 3 points », reconnaissait-il après le match contre le Nigéria.
Pour Toupane, la France doit être capable de proposer autre chose lorsque les tirs extérieurs ne rentrent plus : déplacer davantage la défense, faire circuler le ballon, servir le secteur intérieur avant de ressortir la balle et multiplier les changements de rythme.
Car face aux meilleures nations mondiales, les espaces seront beaucoup plus difficiles à trouver.
Le secteur intérieur bientôt beaucoup plus sollicité
Le Nigéria en a d'ailleurs offert un premier aperçu.
Malgré les 111 points inscrits par la France, son impact physique a parfois compliqué l'accès au cercle. Leïla Lacan, Pauline Astier et Carla Leite ont trouvé des solutions intéressantes dans la création, mais les Bleues devront probablement insister davantage à l'intérieur lors des prochains matches.
Dominique Malonga sera notamment très attendue.
Face à des équipes comme la Chine, la Belgique ou, évidemment, les États-Unis, la France ne pourra probablement pas construire l'ensemble de son attaque autour de son adresse extérieure.
Trouver un équilibre entre jeu intérieur et tirs à longue distance constituera donc l'un des grands enjeux de la phase finale.
Les choses sérieuses commencent jeudi
La France peut néanmoins aborder son quart de finale avec énormément de confiance.
Les Bleues ont gagné leurs trois rencontres, fait tourner leur effectif, préservé leurs principales joueuses et démontré une puissance offensive rarement observée sous l'ère Toupane.
Gabby Williams assume pleinement son nouveau rôle de capitaine. Marine Johannes apporte son imprévisibilité en sortie de banc. Dominique Malonga continue de progresser et les solutions sont nombreuses autour d'elles.
Mais le premier tour n'était qu'une première étape.
Après deux jours consacrés à la récupération et à la préparation, les Françaises retrouveront jeudi la Chine ou Porto Rico pour une place dans le dernier carré.
Invaincues et impressionnantes depuis leur arrivée à Berlin, les vice-championnes olympiques vont désormais découvrir si leur insolente réussite offensive peut résister à la pression des matches à élimination directe. Pour aller chercher une première médaille mondiale depuis 1953, c'est maintenant que le véritable tournoi commence.
Par Nico








