Les Bleues en finale
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Historique ! L’équipe de France féminine s’est qualifiée pour la première finale de Coupe du monde de son histoire en dominant l’Allemagne (86-64), ce samedi à Berlin. Portées par une immense Gabby Williams et une défense de fer, les Françaises ont résisté au retour allemand avant de faire la différence dans le dernier quart-temps.
La France écrit une nouvelle page de son histoire
Il fallait avoir les nerfs solides. Pour sa toute première demi-finale de Coupe du monde, l’équipe de France féminine a dû batailler pendant 40 minutes face à une Allemagne poussée par une Arena de Berlin en fusion. Mais les Bleues ont fini par prendre le dessus (86-64) et s’offrent, pour la première fois, une place en finale mondiale. Deux ans après leur finale olympique perdue à Paris, les Françaises franchissent donc une nouvelle étape majeure. Elles joueront dimanche à 20 heures pour décrocher le titre mondial, face au vainqueur de la seconde demi-finale entre les États-Unis et l’Espagne. « On est contentes mais pas satisfaites. On est en mission, une mission par jour », résumait la capitaine Gabby Williams après la rencontre.
Un départ idéal avant le réveil allemand
Les Françaises ont immédiatement pris les commandes de la rencontre avec deux tirs à trois points. L’activité de Valériane Ayayi permet aux Bleues de prendre leurs premières distances, mais l’Allemagne ne tarde pas à réagir. Leonie Fiebich, particulièrement inspirée, ramène rapidement son équipe dans le sillage des Tricolores. Nyara Sabally prend ensuite le relais et le combat devient particulièrement intense. Deux paniers consécutifs de Marie Guelich donnent même l’avantage aux Allemandes pour la première fois de la rencontre, à la 9e minute (22-23). Sous les yeux des légendes allemandes Dirk Nowitzki et Dennis Schröder, les Françaises ne paniquent pourtant pas. Gabby Williams et Valériane Ayayi trouvent des paniers précieux pour conserver l’avantage. À la pause, la France mène de sept points (45-38), malgré une formation allemande particulièrement accrocheuse.
Les Bleues accélèrent au retour des vestiaires
Au retour des vestiaires, les Françaises passent immédiatement à la vitesse supérieure. Marième Badiane porte l'écart à dix points (49-38), avant que Valériane Ayayi ne frappe à trois points pour donner quinze longueurs d'avance aux Bleues (52-38). Olaf Lange est contraint de prendre un temps mort. L'Allemagne réagit immédiatement grâce à Nyara Sabally, qui inscrit cinq points consécutifs. Les Allemandes dominent alors davantage le rebond et imposent un combat physique aux Françaises. La réussite offensive baisse des deux côtés. Pendant près de quatre minutes, aucune équipe ne parvient à inscrire le moindre panier dans le jeu. Il faut attendre une flèche à trois points de Janelle Salaün pour débloquer la situation et permettre à la France de conserver une avance confortable (57-47). L'ailière française réalise d'ailleurs une prestation XXL. Janelle Salaün termine avec 14 points, 11 rebonds et une évaluation de 23, s'imposant comme l'une des grandes artisanes de cette qualification historique.
Gabby Williams, la patronne des Bleues
Alors que l'Allemagne pousse derrière son public, Gabby Williams prend ses responsabilités. La capitaine française enchaîne les actions décisives et fait constamment peser une menace sur la défense allemande. À l'arrivée, la Française compile 22 points, 5 passes, 5 rebonds et 4 interceptions, pour une évaluation de 31. Elle est logiquement désignée joueuse du match. « Je veux juste donner mon maximum. On ne sait jamais quand ce genre d’opportunités se présente, je voulais juste tout donner ce soir », expliquait-elle après le coup de sifflet final. Mais la France ne s'est pas appuyée uniquement sur sa capitaine. Marine Johannes, longtemps en difficulté, a finalement retrouvé son adresse au meilleur moment. Ses tirs à trois points dans le dernier quart-temps ont définitivement refroidi les espoirs allemands. Elle termine avec 13 points. Valériane Ayayi a également apporté son expérience avec 10 points, 3 passes et 3 interceptions, tandis que Carla Leite a signé un passage remarqué avec 9 points en seulement 14 minutes.
Une défense française décisive
La différence s'est aussi faite dans la moitié de terrain défensive. Les Françaises ont provoqué de nombreuses pertes de balle et ont inscrit 29 points sur les ballons perdus allemands, avec notamment 15 interceptions. Malgré les assauts de l'Allemagne, les Bleues ont surtout su rester solidaires lorsque leurs adversaires sont revenues sous les dix points. Emily Bessoir ramène ainsi son équipe à 69-60 avec un tir à trois points à 5 minutes 43 secondes de la fin. Le money-time aurait pu devenir irrespirable. Il n'en sera finalement rien. Marine Johannes et Gabby Williams attaquent la défense allemande pour inscrire deux paniers consécutifs près du cercle. Puis Johannès plante deux tirs à trois points assassins dans les dernières minutes. La France reprend définitivement le contrôle de la rencontre et termine le travail avec autorité.
« Il en reste un à aller chercher »
Au coup de sifflet final, l'émotion est immense. Pour la première fois, les Bleues disputeront une finale de Coupe du monde. « On ne réalise pas trop. On est vraiment trop contentes, on savait que ce ne serait pas facile mais on a tenu jusqu’au bout. Il en reste un à aller chercher », lançait Pauline Astier après la qualification. Le sélectionneur Jean-Aimé Toupane pouvait lui aussi savourer cette performance historique : « Les filles ont été à la hauteur de l’événement et l’ont montré sur le terrain. » Mais le technicien français et ses joueuses ne veulent pas s'arrêter là. « On veut la plus belle », insistait Pauline Astier, déjà tournée vers la finale.
Les États-Unis ou l'Espagne pour le titre mondial
La France connaît désormais son objectif : décrocher l'or mondial. Les Bleues affronteront dimanche à 20 heures le vainqueur de la seconde demi-finale, qui oppose les États-Unis à l'Espagne. Une éventuelle finale contre les Américaines offrirait d'ailleurs une nouvelle occasion de prendre leur revanche après la défaite d'un point (66-67) en finale des Jeux olympiques de Paris. Quoi qu'il arrive, les Françaises ont déjà écrit une page historique du basket tricolore. Après le bronze décroché en 1958, la France est assurée de réaliser le meilleur résultat de son histoire en Coupe du monde féminine. Mais les Bleues l'ont annoncé : elles ne veulent pas seulement savourer. Elles veulent désormais décrocher la plus belle des médailles.
Par Lenny







